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La dépression.

Publié le par Lucie-y

La dépression.

~~"Des véhicules qui n’ont plus d’essence", voilà comment le professeur Philippe Fossati, psychiatre à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), définit ses patients souffrant de dépression. "Ce ne sont ni des personnes paresseuses, ni manquant de volonté. Les bousculer ne sert à rien. Elles sont malades. Leur cerveau est tout simplement en panne." La dépression — du latin depressio "enfoncement" — touche près de 5 millions de personnes, soit 7,5 % de la population, dont une majorité de femmes (environ deux tiers des malades). Elle frappe à tout moment, même si certains passages de la vie sont plus propices que d’autres. Elle se caractérise, selon les standards internationaux de psychiatrie, par plusieurs critères dont la présence pendant au moins quinze jours de l’un de ces symptômes : une grande souffrance morale et/ou une perte de plaisir quasi complète dans les activités de la vie quotidienne associés à au moins trois ou quatre autres symptômes, comme une altération de l’appétit et du sommeil, un ralentissement moteur ou une agitation, mais aussi un sentiment de culpabilité, une auto-dévalorisation, un trouble de la concentration ou des idées suicidaires

~~La maladie se joue souvent en plusieurs actes, aux conséquences de plus en plus dramatiques pour l’organisme et surtout pour le cerveau. Au point que certains chercheurs parlent désormais de maladie "neurotoxique". "Le premier épisode finit la plupart du temps par passer tout seul, explique Guillaume Fond, psychiatre et chercheur au Centre expert schizophrénie de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val- de-Marne), mais plus l’état dépressif non traité se prolonge, plus on risque la récidive. Et chaque nouvel épisode devient plus grave que le précédent avec un risque accru de résistance aux traitements. Car la dépression agresse le cerveau (voir l'infographie ci-dessous) et laisse des séquelles structurelles et fonctionnelles qui le fragilisent." Pour preuve, une étude récente menée par Philip Gorwood, de l’unité Inserm 894 du centre hospitalier Sainte-Anne, à Paris, sur plus de 2.000 patients, montre que des personnes ayant déjà connu deux épisodes dépressifs au moins en gardent des séquelles cognitives. Par rapport à des sujets témoins, ils exécutent de manière plus lente des tâches qui requièrent attention, concentration et rapidité.

Mais les bactéries sont, elles aussi, pointées du doigt. Elles pourraient être tout autant responsables d’inflammation cérébrale entraînant une dépression majeure. Les études du lien entre le microbiote, les populations bactériennes qui résident dans notre intestin, et notre état mental commencent à livrer leurs résultats. Au point que des chercheurs posent désormais frontalement la question : et si ça venait du ventre ? "Les bactéries intestinales sont susceptibles d’envoyer des signaux au cerveau par différentes voies et ainsi de l’influencer. Si bien qu’on peut suspecter le microbiote d’être un facteur participant aux maladies psychiatriques", affirme Sylvie Rabot, chercheuse au laboratoire Micalis (Microbiologie de l’alimentation au service de la santé humaine) de l’Inra. Le microbiote — unique pour chacun d’entre nous — se compose en effet de 1.014 bactéries (100.000 milliards) d’un millier d’espèces différentes environ. Or une étude japonaise a montré que, soumises à un stress, des souris sans microbiote (axéniques) sécrétaient trois fois plus d’hormones du stress (corticostérones) que les souris normales. "Notre équipe a confirmé ces résultats par la suite en mettant en évidence que des rats axéniques étaient beaucoup plus anxieux que les rats normaux", explique Sylvie Rabot. Preuve que le microbiote régulerait donc le fonctionnement de l’axe de réponse au stress.

~~ ~~L’équipe de l’Inra suit cette piste. "Nous entendons montrer que certains métabolites produits par les bactéries intestinales atteignent le cerveau, provoquant des anomalies comportementales, par exemple de type anxieux ou dépressif, du moins chez la souris", révèle Sylvie Rabot. Ouvrant peut-être la voie à de nouvelles pistes de traitement des troubles anxieux et de l’humeur. Et chez l’humain ? Pour l’instant une seule étude, de l’université du Hedmark en Norvège, montre qu’il y aurait une corrélation entre microbiote et dépression. L’analyse d’échantillons fécaux de 55 personnes (37 dépressifs et 18 témoins) révèle en effet une différence de composition entre dépressifs et personnes saines. Pour aller plus loin, l’équipe de l’Inra, associée à celle du professeur Fossati, étudie plus précisément le rôle du microbiote intestinal dans la dépression. Avec en ligne de mire, de possibles traitements probiotiques (favorisant certaines bactéries) pour traiter les troubles psychiques

J'ai cette maladie depuis ma plus tendre enfance...

Lucie-y

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jean 31/03/2015 12:46

Oui, c'est pas facile facile....
Je pense à toi dans la prière pour ton opération en particulier... et bon courage...