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Articles avec #debat sur le romantisme et le classicisme. tag

Une volonté de rupture avec le classicisme.

Publié le par Lucie-y

                   

le romantisme en littérature

 

Le romantisme est certainement le plus populaire des mouvements littéraires et, sans doute aussi, le moins facile à cerner dans les profondeurs. Omniprésent d'un bout à l'autre de l'Europe sans revêtir jamais les mêmes formes ni recouvrir les mêmes significations, réduit dans bien des cas à de simplistes manifestations d'un épanchement de sensibilité, il souffre de son prestige autant qu'il en bénéficie.

L'origine du mot romantisme renvoie au substantif roman, qui, en ancien français, est synonyme de « langue vulgaire », par opposition à la « langue noble », le latin. D'où un glissement de sens qui, dès le xiie siècle, réduit l'extension du vocable romant aux seuls récits composés en « langue vulgaire » (ainsi, par exemple, dans le Roman de Renart).

À partir du xive siècle, le mot roman ne sert plus qu'à désigner des récits de chevalerie en vers, puis en prose.

 

  Une volonté de rupture avec le classicisme

 

 Jean-Jacques Rousseau.

 

Le classicisme, si parfaitement établi au xviie siècle dans l'art français, n'a pas connu le même essor dans les autres pays. Il a duré quelques années (1720-1740) en Angleterre sous l'influence d'Alexander Pop , et n'a été qu'une brève phase transitoire dans les pays germaniques (1760-1780).

La médiocre qualité de la poésie française du xviiie siècle, poésie le plus souvent didactique et ennuyeuse, traduit la persistance du goût classique pour l'impersonnalité. Et si quelques figures accompagnent Rousseau  dans l'épanchement de la subjectivité et du lyrisme naturel, il est impossible de trouver en France un véritable courant préromantique comme le Sturm drang  allemand, ou la période de 1770 à 1790 en Angleterre.

Cette persistance du classicisme explique que le romantisme français ait éclaté à la fois plus tardivement et plus violemment qu'ailleurs : il lui fallait déraciner deux siècles de raison et de logique, et cela supposait un changement général des esprits.

 

  L'importance du sentiment

George Sand par Alfred de Musset

 

L'écrivain romantique est profondément divisé, morcelé dans son intimité. Il n'a de cesse de reconquérir une unité originelle à travers l'espace et le temps. Ainsi, Gérard de Nerval se proclame dans un même sonnet – « El Desdichado » (« Le Malheureux » en espagnol) – à la fois comme un individu personnalisé (« Je suis le ténébreux […] ») et comme un être à la recherche d'une identité qui se dérobe (« Suis-je Amour ou Phébus […] ? »).

De là l'importance de l'écriture, et donc de toute forme d'expression artistique dans la vie de l'écrivain romantique. Ce dernier sent, bien avant Marcel Proust  que l'esthétique est un domaine privilégié qui peut seul le sauver de la déchéance à laquelle le condamne le temps.

L'importance du sentiment explique que les manifestations de la vie affective tiennent une place de choix dans la « psychologie » romantique. Et tout d'abord l'amour : ni construction raisonnée, ni impulsion sensuelle, mais principe divin, comme se plaît à le répéter Musset dans la Confession d'un enfant du siècle (1836) : « L'amour c'est la foi, c'est la religion du bonheur terrestre. » Amour heureux certes, mais aussi et surtout amour contrarié : il n'est pas un écrivain qui n'ait exprimé les souffrances de la solitude et d'une mélancolie que provoque la trahison du sentiment, d'autant que « la poésie mélancolique est la poésie la plus d'accord avec la philosophie. La tristesse fait pénétrer bien plus avant dans le caractère et la destinée de l'homme que toute autre disposition de l'âme » (Mme de Staël, De la littérature, considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, 1800).

 

A débattre?

 

Lucie-y

 

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